Les salariés portés sont les pilotes de l’emploi de demain. On vous dit pourquoi

Les salariés portés sont les pilotes de l’emploi de demain. On vous dit pourquoi

Les salariés portés sont de plus en plus nombreux au sein d’entreprises et ce statut se voit plébiscité par de nombreux travailleurs. Ils désignent le maillon d’une relation qui les lie à une entreprise de portage salarial par le biais d’un contrat de travail, et sous l’égide de laquelle ils effectuent des missions pour le compte d’entreprises clientes.
Ce sont des professionnels justifiant d’un certain niveau de qualifications, d’expertise et devant bénéficier d’une parfaite autonomie dans la gestion de leur emploi.

Des hybrides entre des salariés traditionnels et des travailleurs indépendants

Avant toute chose, même si les salariés portés peuvent se confondre à des intérimaires du fait du caractère tripartite de leurs relations de travail, il existe des différences fondamentales entre ces deux types de travailleurs.
Le salarié porté est par exemple responsable du choix de ses missions. De la même façon que l’indépendant, le libéral, l’auto-entrepreneur, le salarié porté démarche lui-même sa clientèle, ce que l’intérimaire ne peut pas faire.
Ainsi, si le choix de la clientèle incombe au salarié porté de la même façon qu’avec l’indépendant, d’autres aspects de ce dispositif permettent aussi de l’assimiler au statut d’indépendant. Le salarié porté fixe lui-même ses tarifs à l’entreprise cliente, de la même façon que le fait le travailleur indépendant. Il est alors libre de fixer son taux de rémunération horaire en fonction de ses besoins, de son niveau d’expertise, de ses qualifications, et du temps de travail qu’il estime consacrer à un projet.
Si on peut distinguer des similitudes avec le statut d’indépendant dans la façon de procéder du salarié porté, il existe cependant des différences entre les deux statuts qui confèrent la liberté d’opérer de l’indépendant et la protection qu’offre le salariat traditionnel.
La première protection intervient au niveau du statut. L’indépendant a le choix d’opter pour les divers statuts qui s’offrent à lui que sont l’EURL, L’EIRL, la Micro-Entreprise, voire la SASU. Ces divers statuts constituent une charge administrative supplémentaire pour le travailleur qui doit alors s’occuper de gérer ses cotisations, déclarations à l’URSSAF, aux organismes d’assurance, relancer les clients en cas de facture non honorée, etc. Dans le cadre du portage salarial, ces tâches ne lui incombent pas et reviennent à l’entreprise de portage salarial.
Dans le cadre d’une mission effectuée par le travailleur qualifié, sa responsabilité pénale n’est pas engagée. Celle-ci revient à la société de portage qui d’ailleurs souscrit une assurance responsabilité civile professionnelle qui protège le salarié porté dans le cadre de l’exercice de ses missions pour une entreprise cliente.
Le salarié porté bénéficie par ailleurs d’un contrat de travail (CDD, CDI) avec la société de portage. Le statut de salarié porté constitue donc un hybride entre le statut d’indépendant et celui de salarié traditionnel, conférant des avantages de l’un et l’autre statuts au travailleur.

Le salarié porté est tenté par une expérience avant la création d’entreprise

Cet attribut hybride qu’a le statut de salarié porté pousse nombre de cadres à se diriger vers ce dispositif avant de tenter le projet de la création d’entreprise.
En effet se lancer dans une activité indépendante nécessite bien souvent d’engager des fonds, de s’être constitué un réseau, une clientèle. Le statut de salarié porté permet donc au travailleur d’acquérir une expérience dans le travail en tant qu’indépendant ou encore dans le démarchage client avant de se lancer. Cela lui permet d’étoffer son carnet d’adresses et de se lancer avec plus de sérénité.
De plus, il lui permet pour le temps qu’il est sous le statut de salarié porté de mettre des fonds de côté avant de lancer son activité en tant qu’indépendant. Le travailleur dispose en outre de ce temps sous le statut de salarié porté pour se familiariser à la gestion d’entreprise avant de se lancer.
Ces avantages poussent bien de travailleurs qualifiés à demeurer sous ce statut parfois plus longtemps qu’escompté au départ, du fait du confort relatif que celui-ci peut procurer.

La gestion des activités et des honoraires confiée à la société de portage salarial

Les salariés portés confient la gestion de leurs honoraires et de leurs activités à leur société de portage salarial. Celle-ci leur offre un gain de temps non négligeable dans les tâches administratives et financières de leurs activités.
Si le salarié porté possède la liberté de facturation et d’honoraire, la gestion de sa comptabilité est cependant confiée à la société de portage salarial qui en a la charge. La gestion des cotisations à l’assurance maladie ou aux caisses de retraite qui incombe à l’indépendant et dont il doit tenir compte dans sa comptabilité est assurée directement par la société de portage qui les verse elle-même aux différentes caisses.

Les salariés portés suscitent de nombreuses interrogations

En 2006, une étude de l’OPIIEC (Observatoire Paritaire des métiers de l’Informatique, Ingénierie, Études, Conseil) sur le portage salarial posait déjà la question sur la motivation du salarié porté à se diriger vers ce dispositif. Le faisait-il par choix ou par contrainte ?
La réalité est que dans tous les cas, ce statut est une opportunité pour les travailleurs n’entrevoyant pas une évolution de carrière, elle offre une perspective d’évolution et de challenges qui n’étaient pas garanties au salarié sous un dispositif classique.
Des questions sur les revenus se posent aussi étant donné que le salarié porté est responsable de la recherche des missions qu’il devra mener et du démarchage de sa clientèle. Et pourtant, comme tout salarié d’entreprise, celui-ci perçoit une rémunération. À défaut d’accord de rémunération minimale par branche étendue, le salarié porté perçoit une rémunération minimale brute de 2 483 € mensuelle pour du temps plein. Seules les périodes sans prester pour une entreprise cliente ne sont pas rémunérées. En Europe, le portage salarial avait déjà fait 7 millions d’adeptes en 2016.

Le salarié porté est bien souvent un expert dans son domaine d’activité

Le portrait robot du salarié porté est généralement celui du travailleur hautement qualifié. La législation ne permet par exemple pas de devenir salarié porté dans le but d’effectuer des prestations de service à la personne comme du jardinage, de la garde d’enfant, ou des tâches ménagères. Ce statut est destiné aux missions de services comme la finance, les ressources humaines ou encore la communication et l’informatique.
Les bases légales concernant la rémunération minimale amènent les entreprises à s’orienter vers des profils experts et hautement qualifiés. Il faut aussi pouvoir justifier d’une expertise suffisante dans sa filière d’activité pour pouvoir postuler dans une entreprise au titre de salarié porté.
Contrairement au freelance, le salarié porté bénéficie d’une rémunération minimale mensuelle, qui est plus élevée qu’une indemnité à laquelle pourrait prétendre un indépendant dans le cadre de minimas sociaux ou de chômage. Cela permet au salarié porté d’avoir les avantages liés à la philosophie d’indépendant tout en étant plus couvert face aux risques y afférant.

Des experts encore méconnus du grand public

Malgré une forte médiation au cours de ces dernières et une évolution de leur statut dans toute l’Europe, les salariés portés restent méconnus et pourtant, ils participent fortement à la baisse du chômage.
Le statut de salarié porté permet ainsi à des cadres en recherche d’activité, ayant rejoint le marché actif à la suite d’une perte d’emploi de rebondir en faisant profiter de leur expériences des entreprises qui ont besoin de profils spécifiques pour des missions ponctuelles. La flexibilité qu’offre ce statut permet au salarié porté de continuer sa vie professionnelle sous la protection juridique d’une entreprise de portage salarial sans que l’entreprise cliente n’ait à se soucier des charges administratives liées à un recrutement en contrat à durée indéterminée pour une mission n’excédant pas quelques années.
Les nouveaux marchés du travail permettant de moins en moins de recruter en CDI, les salariés portés sont une réponse adaptée à la nouvelle situation de l’emploi. Dans un monde où de jeunes entreprises se créent, où les plus anciennes ont de nouveaux projets dont elles veulent tester la viabilité, le maître mot est flexibilité. Cette flexibilité est plus adaptée au monde du travail actuel et contribue ainsi à la baisse du chômage.

Des salariés portés reconnus par les entreprises

Les entreprises de leur côté ont compris l’intérêt de se diriger vers les freelances dans le cadre de missions ponctuelles ou lorsqu’elles ont besoin de l’expertise d’un consultant. Le statut de salarié porté étant réglementé, un travailleur ne sachant justifier d’une expertise dans son domaine d’activité ne saurait le devenir.
Ainsi, pour un projet nécessitant l’intervention de plusieurs profils qualifiés, une entreprise sait qu’elle peut faire appel à plusieurs salariés portés. Ils font généralement partie d’un réseau de professionnels qualifiés, pour des secteurs d’activités divers. Il devient donc plus facile pour une entreprise cliente de faire appel à des salariés portés. Ils ont l’assurance de disposer ainsi de prestataires qualifiés. Disposer d’un réseau de salariés portés offre l’assurance d’avoir à disposition des ressources humaines compétentes pour le projet sur pied.
L’autonomie, la garantie financière et la sécurité sont les trois principaux atouts mis en place pour attirer les salariés portés.
De plus en plus d’entreprises font appel pour un même projet à des travailleurs indépendants et aux salariés portés. Cela représente pour les deux statuts une opportunité de réseautage et la possibilité pourquoi pas, de s’associer pour d’autres projets, avec de futures entreprises clientes.
Depuis le 1er juillet 2017, la convention collective appliquée aux salariés portés est entrée en vigueur, renforçant le cadre juridique et le champ d’application du statut.